LE GARDIEN

Dans la Grèce antique le chien reste fidèle à son rôle traditionnel de gardien. Gardien de troupeau, et c'est aux côtés des bergers que nous le retrouvons.

Gardien, aussi, des demeures et nous découvrons ces chiens si forts, disait-on, qu'ils pouvaient s'attaquer à un lion.

Gardien, également, des cités grecques qu'il sera chargé de défendre contre les attaques ennemies.

Même les dieux ont choisi Cerbère, ce chien à trois têtes, pour garder la porte des Enfers.

LE CHIEN ET LA CHASSE

Le chien accompagne aussi les chasseurs. Hésiode décrit le bouclier d'Héraclès sur lequel "quelques chasseurs poursuivaient des lièvres agiles, et deux chiens à la dent acérée couraient en avant, impatients de saisir ces animaux qui cherchaient à leur échapper."

Les dieux aussi partent à la chasse. Artémis, cette déesse aux multiples facettes possèdent une meute. Elle est souvent représentée accompagnée d'un chien. De nombreux artistes décriront sa colère contre Actéon et l'usage qu'elle fit de la meute de ce dernier.


LE CHIEN ELU DES DIEUX

C'est encore Artémis qui fera du chien une constellation : Canis Major ou constellation du Grand Chien. Dans cette constellation le chien Seirios (ou plus tard Sirius) est associé à son maître le dangereux Orion, et devient ainsi, en Grèce, signe de malheureux présages. Le chien deviendra l'attribut de plusieurs dieux : d'Artémis, bien sûr.

Même le plus grand dieux témoigne de son attachement au chien. Zeus le transforme en tentation pour Tantale.

Dyonisos, sera ému par le comportement d'une petite chienne, qu'il immortalisera sous forme d'une étoile, la plus brillante d'une constellation, qui portera le nom de Canis minor ou constellation du Petit Chien.

LA CHIEN DANS LA VIE QUOTIDIENNE

Les maîtres étaient responsables de leurs chiens et punis par la loi, si ceux-ci venaient à mordre.

Le chien sera aussi un élément décoratif des vêtements.
Enfin, sur les pièces de monnaie qu'il fait frapper, Alexandre 1er se fait représenter en tenue de chasseur accompagné de son chien.

Ils peuvent être l'objet de cadeaux : tel Laeleps ce chien offert par Minos à Procris et si rapide disait-on aucune flèche ne pouvait l'atteindre.

Plusieurs noms de sites géographiques rappellent le chien, pour diverses raisons, tels "le tombeau de la chienne", ou Cynosema, ou Cynosarges.

LE CHIEN ET LA LITTERATURE

Le chien est également présent dans la littérature. Platon vante son courage et le cite en exemple.

"Eh bien ! repris-je, crois-tu que le naturel d'un jeune chien de bonne race diffère, pour ce qui concerne la garde, de celui d'un jeune homme bien né ? … ils doivent avoir l'un et l'autre des sens aiguisés pour découvrir l'ennemi, de la vitesse pour le poursuivre dès qu'il est découvert, et de la force pour le combattre, s'il le faut, lorsqu'il est atteint." (Platon La République).

Il rappelle, un peu plus loin :

"Tu sais sans doute que les chiens de bonne race sont, naturellement, aussi doux que possible pour les gens de la maison et ceux qu'ils connaissent, et le contraire pour ceux qu'ils ne connaissent point."

Le chien devient aussi le surnom de Diogène, au comportement insolite et l'emblème de l'école philosophique qu'il créera : les cyniques. Cette philosophie prône la simplicité et Diogène mènera une vie ascétique.
De nombreuses inscriptions : les épigrammes, se référant aux chiens ont pu être relevées sur des offrandes funéraires, des tombeaux ou des monuments.


LES DIFFERENTES RACES

Nous savons grâce, en particulier, à Aristote qu'il existait déjà à cette époque plusieurs races de chiens, il en dénombre sept, chacune ayant ses mérites. Les greffons de Malte ou chiens mélitéens, sont de petits chiens recherchés, les chiens de Laconie sont célèbres pour leur flair, les molosses, le chien épirote gardien de troupeaux, le chien de Cyrène, le chien égyptien, le chien indien. Xénophon, pour sa part cite un nombre de races plus restreint.

LES QUALITES DES CHIENS

Plutarque chante les qualités du chien et plus particulièrement son attachement à son maître :

"A ce sentiment si douloureux venait se joindre une sorte d'attendrissement et de peine à la vue de ces animaux domestiques qui, par des hurlements plaintifs, témoignaient leurs regrets du départ de leurs maîtres. On cite entre autres le chien de Xanthippe, père de Périclès, qui, ne pouvant se résoudre à se séparer de lui, se jeta à la mer, et nagea près de son vaisseau jusqu'à Salamine, où il aborda épuisé de fatigue, et expira sur le rivage. On montre encore dans cette île l'endroit où l'on dit qu'il fut enterré, et qu'on appelle Cynosema." (Plutarque Vie de Thémistocle)

Dans les fables, il symbolise la bonté, la fidélité. C'est cette qualité qui est le plus souvent rattachée au chien. Esope en donne des exemples. Pline en cite de nombreuses histoires. Homère écrit des vers magnifiques en louanges à cette fidélité.

Il faut, malgré tout, reconnaître que le chien a quelques fois un rôle péjoratif. Traiter quelqu'un de "chien" ou " chienne " est une injure probablement en rapport avec le fait que les cadavres que l'on ne souhaitent pas honorer étaient généralement dévorés par les chiens.